Les préceptes des Cosaques nekrassoviens

Je publie ici ma traduction française des principaux préceptes de mes ancêtres, Cosaques nekrassoviens. Ce sont des descendants des Cosaques du Don - cette catégorie de la population de l'ancienne Russie qui, jouissant d'une grande autonomie, formait une société à part, unie non par le sang, mais par la foi et l'amour commun de la liberté. Révoltés contre les atteintes à leurs libertés de la part du pouvoir moscovite, ces Cosaques ont quitté en 1708 la Russie pour se réfugier dans l'empire ottoman. Après deux siècles et demi passés en Turquie, ils ont dû la quitter aussi, certains se retrouvant en URSS, d'autres, aux Etats-Unis, et quelques-uns (comme ma famille), en France.


Voici donc les principaux préceptes d'Ignat Nekrassov qui a dirigé notre combat pour la liberté, puis notre exil de Russie en 1708:


PRÉCEPTES D’IGNAT NEKRASSOV


Ne jamais nous soumettre à aucune monarchie.

Le pouvoir appartient au Cercle de la communauté. Tous ceux qui ont plus de 18 ans en font partie.

Tout Cosaque doit participer aux délibérations du Cercle dès l’âge de 18 ans. S’il ne le fait pas, on lui impose une amende, par deux fois. La troisième absence est punie de verges.

Le rôle de l’ataman se limite à mettre en œuvre les décisions du Cercle.

L’ataman est élu pour un an. S’il faillit, il est destitué avant terme.

L’ataman est élu le mardi de la deuxième semaine de Pâques, pour un an. Il doit être âgé de 50 ans au moins.

Nul ne peut être élu ataman plus de trois fois, car le pouvoir corrompt inexorablement.

Les décisions du Cercle s’imposent à tous. Tout le monde veille à leur exécution.

Les revenus vont intégralement dans le trésor communautaire. De là, chacun reçoit les 2/3 de ce qu’il a gagné. Le reste demeure dans la caisse commune.

La caisse commune est répartie ainsi : un tiers est destiné aux besoins de défense commune ; un tiers, à l’école et à l’église ; un tiers, aux veuves, aux orphelins et aux vieillards.

Le mari respecte sa femme. Avec l’accord du Cercle, la femme peut quitter son mari ; ce dernier est alors puni par la communauté.

Le travail physique est le seul moyen acceptable de gagner sa vie. Le vrai Cosaque aime travailler de ses mains.

Le Cosaque n’a rien à faire dans une armée.

Un Cosaque n’emploie jamais un autre Cosaque. Il ne perçoit jamais de salaire des mains de son frère.

Un Cosaque ne quitte sa communauté qu’avec l’accord du Cercle.

Les orphelins et les veuves ne reçoivent de l’aide que de la part du Cercle, pour éviter toute humiliation et toute dépendance.

L’aide personnelle n’est tolérée que si elle est anonyme et secrète.

Nul ne doit rester dans le besoin.

Les Cosaques restent fidèles à la vraie foi chrétienne orthodoxe ancienne.

Un Cosaque est toujours du côté du faible.

On ne remet jamais un réfugié entre les mains de ses persécuteurs.

Il n’y a pas de prison chez les Cosaques.

Un ataman ne se fait jamais remplacer dans une situation périlleuse. S’il le fait, il est mis à mort comme poltron et traître.

C’est le Cercle qui décide de la culpabilité et de la peine.

Le prêtre qui ne respecte pas la volonté du Cercle est banni.



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